Savoir décoder une étiquette de vin

Les étiquettes des vins contiennent de nombreuses informations très intéressantes, encore faut-il pouvoir arriver à les décoder. Entre informations purement anecdotiques, et rajouts marketing, comment tirer le vrai du superflu ?

VIN! a donc décidé de vous apporter quelques conseils pour vous permettre de repérer tout de suite les informations importantes pour ainsi laisser de côté ce qui n’a pas d’intérêt.

Évidemment l’étiquetage dépend de règles établies par la législation en vigueur dans le pays de production, mais également dans les pays où le vin sera exporté.

Cinq informations importantes !

1- La zone géographique de production:
Elle indique l’endroit où les raisins sont produits. En général, plus la région est localisée, plus le vin sera qualitatif ou en tout cas produit selon un cahier des charges bien spécifique.
En France, il y a 3 grandes catégories que l’on peut distinguer : les vins sans indication géographique ou Vin de France, les vins avec une Indication Géographique Protégée (IGP) et les vins d’Appellation d’Origine Protégée (AOP ou AOC).
Pour les AOC et les IGP, il est possible de mentionner également une unité géographique plus petite si tous les raisins à partir desquels ce vin a été obtenu proviennent de cette unité, et si cela est prévu dans le cahier des charges de l’appellation.

2- Le nom du producteur ou du domaine:
C’est une information qui semble fondamentale, car elle nous indique qui produit ce vin, pourtant elle n’est pas toujours obligatoire, parfois seule la marque est indiquée.
Concernant le nom de l’exploitation, là encore il existe quelques subtilités !
Les termes Château, Clos, Hospice et Cru ne sont autorisés que pour les vins d’AOP.
La mention Cru nécessite même une condition supplémentaire : avoir acquis sa notoriété sous ce nom depuis au moins dix ans.
Le terme Clos ne peut être utilisé que lorsque les raisins proviennent exclusivement de parcelles de vignes effectivement délimitées par une clôture fermée de murs ou de haie ou dont l’AOP comporte le mot Clos.
Les termes Abbaye, Bastide, Campagne, Chapelle, Commanderie, Domaine, Mas, Manoir, Monastère, Monopole, Moulin, Prieuré ou Tour sont autorisés pour les vins AOP et IGP.

3- Indication de la teneur en alcool
On appelle cela également le titre volumique acquis. Il est indiqué en unités ou demi-unité de pourcentage suivi du symbole « %vol ». Dans la majorité des cas, le degré en alcool indiqué sur l’étiquette ne peut être ni supérieur, ni inférieur de plus de 0,5%vol au degré réel mesuré dans le vin.
La région de vinification d’un vin peut influer sur cette dernière valeur. En effet, plus les raisins sont produits dans une région chaude, plus les raisins seront sucrés et plus le vins sera alcoolisé (pour faire très simple !).

4- Le millésime
Il faut savoir que cette information n’est pas obligatoire. Le millésime indique l’année de vendanges des raisins. Il y a des millésimes plus ou moins côtés en fonction des régions. En règle générale, les vins non millésimés sont souvent plus simples et plus standardisés.

5- Le ou les cépages
L’étiquetage d’un vin sans IG peut être complété par un ou plusieurs noms de cépages.
Dans l’étiquetage d’un vin AOP ou IGP, les noms de plusieurs cépages peuvent figurer, si chacun de ces cépages représente plus de 15 % de l’assemblage du vin.
Cette information peut être importante pour certains consommateurs car elle informe sur les raisins qui ont permis de produire le vin, et donc sur son style aromatique.

Et sinon on peut apprendre quoi d’autre?

1- le nom ou la raison sociale, avec l’adresse de l’embouteilleur
L’embouteilleur est la personne physique ou morale (ou le regroupement de ces personnes) qui procède ou fait procéder pour son compte à l’embouteillage.
Pour les vins avec une indication géographique, vous pourrez voir les formules suivantes : « mis en bouteille au château » ou « au domaine », « mis en bouteille à la propriété », « mis en bouteille dans la zone de production ».
Parfois, vous pourrez également constater qu’il est écrit « mis en bouteille par » ou « mise en bouteille pour. La seconde mention concerne les vins embouteillés à façon, c’est à dire en prestation de service.

2- les mentions supérieures
Il n’y a pas de réglementation, et l’usage des mentions Supérieure, Premium, Réserve est libre tant qu’il n’y a pas tromperie du consommateur sur la nature et/ou l’origine du produit. Certains vignerons peuvent utiliser ces mentions pour indiquer leurs cuvées haut de gamme.
La mention Vieilles Vignes n’a également pas de réglementation. Elle est souvent utilisée pour les vins issus des raisins des plus vieilles parcelles…mais une vieille parcelle peut avoir entre 15 et 100 ans !

3- Contient des sulfites ou sans sulfites ajoutés
La grande majorité des vins contient des sulfites car, comme j’aime le dire : si on laisse la nature poursuivre son œuvre, il n’y a aucune raison pour qu’une fois le jus de raisin fermenté, le vin ne se transforme en vinaigre. C’est pour cela que, depuis des centaines d’années, les vignerons utilisent des sulfites.
Et puis si vous n’êtes pas sensible aux abricots secs (qui contiennent environ 1500 ppm de sulfites), alors vous n’aurez pas de problèmes avec un vin contenant des sulfites (au maximum 300-400 ppm) !
On trouve également des vins « sans sulfites ajoutés« . Cette mention peut-être apposée si le vigneron peut apporter la preuve qu’il n’a pas utilisé de sulfites dans la fabrication de son vin. Attention, vous ne verrez jamais de vin sans sulfites car durant la fermentation il peut y voir production de sulfites par les levures.

Le cas du vin nature

Début mars 2020, vous avez peut-être entendu parler d’un nouveau label « Vin méthode nature ». Il a été crée par le Syndicat de Défense des vins natures et c’est donc une démarche privée.

Les producteurs, qui veulent afficher ce label, doivent donc signer une charte d’engagement sur l’honneur et suivre les règles suivantes :

  • raisins issus d’une agriculture biologique engagée et certifiée (AB ou conversion AB)
  • vendanges manuelles
  • vinification en levures indigènes
  • pas d’ajouts d’intrants et/ou modification de la constitution du moût
  • aucun recours à des techniques physiques
  • aucun rajout de sulfites pendant les vinifications, mais possibilité d’un ajustement jusqu’à 30 mg/L de SO2 total au conditionnement.



Publié par

vousetvins

Œnologue, amoureuse du vin et du partage. Créatrice de Vin!

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